Avec « Le croquis du destin », publié aux éditions Broc et Jacquart, Habib Mazini utilise le genre du polar pour mettre la lumière sur les maux d’une société paranoïaque, où la haine de l’autre est de plus en plus désinhibée
L’ histoire se passe durant le Ramadan 2014. D’un côté, il y a le début de la Coupe du monde au Brésil. De l’autre, la Bande de Gaza qui s’enflamme avec les violences de l’armée israélienne. C’est dans ce contexte que l’inspecteur Hamid est chargé de mener l’enquête sur le meurtre d’une personne de confession juive. « Pourvu que ce soit le seul cas », s’exclame-t-il quand on le prévient de l’affaire. On pense bien évidemment au cas de l’inspecteur Tabite et de l’impact de ces crimes au sein du corps social. Le but est de plonger d’emblée le lecteur dans un univers paranoïaque, à l’image de celui que les médias construisent socialement : « La radio détaille l’horreur de l’intervention israélienne à Gaza en représailles au lancement de roquette du Hamas». Bjani, l’adjoint de Hamid, en déduit que le crime et les événements en Palestine seraient liés. La victime a été tuée avec dix coups de couteau. Un acte sauvage, une barbarie à visage humain comme dirait l’autre. Les officiers de police ont d’ailleurs bien en tête la première guerre du Golfe et les relents de haine qu’elle a suscités : « Durant cette sinistre pé- riode, le Maroc a vu fleurir un bellicisme à l’égard de l’Occident, en complète contradiction avec ses traditions millénaires d’accueil ». Cette haine désinhibée, qui ressort lors d’un interrogatoire avec un suspect, est un des fils rouges du roman. La vie n’est plus quelque chose de sacré et lorsque Habib Mazini donne la parole au meurtrier, ce dernier parle de son crime comme s’il s’agissait d’un petit détail sans importance. Dans un monde où, comme le rappelle la sociologue Judith Butler, les vies jetables, considérées comme étant sans valeur et dont personne ne fait le deuil, deviennent omniprésentes, l’atmosphère décrite par Habib Mazini interpelle le lecteur. Mais le roman va plus loin. Très vite, on se rend compte que le meurtrier n’est pas à rechercher du côté de ceux qui veulent venger la Palestine en s’en prenant aux Juifs. Ce serait du très mauvais journalisme dit Habib Mazzini : « Une composante de la presse étrangère, droguée à l’immédiateté, entamera sa propre enquête dans le quartier pour débusquer le témoignage du barbu aigri ou du conservateur indisposé par la vie moderne». Les investigations de Hamid l’amènent plutôt à chercher le coupable dans le milieu artistique auquel appartient la victime. Comme si l’art devait lui aussi être atteint par l’hyper-violence et l’absence d’éthique qui règnent entre les gens. La seconde partie du roman nous entraîne vers le périple du peintre Delacroix au Maroc, où se trouve la clé de l’énigme. Et en parlant de peinture, le romancier se fait peintre lui-même d’une société dont il fait rejaillir les contradictions et les immondices. Le personnage de Claire manipulant un jeune Marocain qui lui fait des avances sur Internet, en lui faisant croire qu’elle est amoureuse de lui, révèle cet état de fait. Les gens ne sont plus que des instruments que Nouvelle édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde sous le signe “L’eau et le sacré” Des experts exposent le bilan de la graphie tifinaghe, 14 ans après son adoption officielle “Tifinagh entre authenticité et innovation” a été le thème d’une conférence organisée par l’Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM), mercredi soir à Rabat, à l’occasion du 14ème anniversaire de l’approbation Royale de l’adoption de la graphie tifinaghe pour transcrire la langue amazighe. Le 10 février de chaque année est une occasion “dont nous sommes fiers et une journée mémorable, qui a constitué un tournant important dans le parcours de la langue amazighe et le début d’une nouvelle phase, fondée sur une stratégie exceptionnelle combinant l’aménagement linguistique, la standardisation, la normalisation, les compétences pédagogiques et l’intégration dans les technologies modernes”, a souligné Ahmed Boukous, recteur de l’IRCAM qui s’exprimait à l’ouverture de cette rencontre scientifique. Cette nouvelle phase a permis à cette graphie de remplir ses nouvelles fonctions, étant donné que l’amazigh est une langue officielle à côté de la langue arabe, a indiqué M. Boukous. La transcription de l’amazigh via son caractère original “était un simple rêve, mais aujourd’hui il est devenu une donne essentielle d’une réalité concrète dans les médias, l’école, la production littéraire et artistique et l’espace public en général”, a-t-il poursuivi. La graphie tifinaghe se manifeste clairement dans les différentes composantes de la civilisation et de la culture marocaines, qui puisent leur légitimité historique dans les données et recherches acadé- miques, a-t-il fait savoir. Cette conférence a été marquée par la présence d’un parterre de chercheursintervenant en matière d’éducation, de médias, d’art, d’archéologie, d’évolution historique de la graphie tifinaghe, ainsi que de promotion de cette graphie. Les intervenants ont souligné que la graphie tifinaghe est “la plus appropriée” à la transcription de l’amazigh, tant bien en termes pédagogiques que didactiques, la considérant comme l’une des graphies les plus faciles à apprendre. Ils ont mis l’accent sur la simplicité du tifinagh, qui consiste à “tout prononcer” et où chaque son équivaut à une lettre, ce qui favorise les activités de lecture et d’écriture. de culture Amal Clooney La célèbre avocate des droits de l’Homme et épouse de l’acteur américain George Clooney, Amal Clooney, est enceinte de jumeaux, a affirmémercredi à l’AFP un ami de la famille. “Elle est enceinte de jumeaux”, a-t-il ditsous couvert de l’anonymat,sans plus de dé- tails concernant le sexe des futurs bébés ou la date prévue de l’accouchement. L’acteur américain de 55 ans et l’avocate libano-britannique de 39 ans s’étaient dit “oui” en 2014 à Venise, George Clooney mettant ainsi fin à sa réputation de célibataire endurci.Juriste internationale aux longues boucles brunes, Amal Alamuddin a travaillé en 2004 à laCourinternationale de justice et compte parmi ses clients l’ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko ou le fondateur australien de Wikileaks, Julian Assange. Après son mariage, elle a pris la défense de plusieurs causes très médiatisées, notamment la possible restitution à la Grèce des frises du Parthénon exposées à Londres, la défense du journaliste canadien d’Al-Jazeera Mohamed Fahmy, ou encore celle de l’ancien pré- sident des Maldives Mohamed Nasheed, renversé en 2012. Jack Nicholson La légende du cinéma JackNicholson devrait faire son retour sur grand écran, d’où il était absent depuis 2010, en jouant dansle remake de “ToniErdmann”, comédie dramatique allemande en course auxOscars, affirmaientmercredi plusieurs médias américains. Le studio Paramount Pictures a acheté les droits du film de Maren Ade, favori pourl’Oscar dumeilleurfilmen langue étrangère, et l’acteur vedette de 79 ans, célèbre poursessourcils en accent circonflexe, son sourire carnassier et son magnétisme à l’écran, devrait y donner la réplique à Kristen Wiig, affirme Variety. Adam McKay, qui a dirigé “The Big Short: le casse du siècle” (2015), va produire le film aux côtés de Kristen Wiig et de l’acteur comiqueWill Ferrell, ajoute pour sa part The Hollywood Reporter. Jack Nicholson a eu l’idée du remake et a approché Paramount, qui a immédiatement donné son feu vert. Le rappeur Drake en tête des ventes mondiales d’albums 2016 Le rappeur canadien Drake est l’artiste qui a vendu le plus d’albums au monde en 2016, devant le chanteur britannique David Bowie, décédé en janvier 2016, selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI). Drake, quisuccède à la chanteuseAdele à la tête du classement annuel, a rencontré un immense succès avec son quatrième album, “Views”, ode à sa ville natale de Toronto,sorti en avril dernier d’abord en exclusivité surle service de streamingAppleMusic ainsi que sur iTunes. “«Views» est le premier album à avoir été écouté un milliard de fois sur Apple Music, tandis que «One Dance», le deuxième single de l’album, a été la première chanson à avoir été jouée plus d’un milliard de fois sur Spotify”, souligne l’IFPI dansson communiqué. Le chanteur britannique David Bowie, qui a sorti son dernier album, “Blackstar”, deux jours avant son décès, se hisse lui à la deuxième place du classement. Son album a occupé la première place des “charts” dans 24 pays, note l’IFPI. Suivent le groupe britannique Coldplay (3e) et la chanteuse – elle aussi britannique – Adele (4e), qui ont surfé sur le succès de leurs albums respectifs “A Head Full of Dreams” et “25”, sortis en 2015maisrestés parmi les plus populaires en 2016. L’IFPI, basée à Londres, réalise son classement en tenant compte des ventes de disques, des ventes en ligne et des téléchargements.Maisle groupe ne communique pas sur le volume total des ventes pour chacun des artistes. 12 LIBÉRATION VENDREDI 10 FEVRIER 2017 LIBÉRATION VENDREDI 10 FEVRIER 2017 13 “ d’autres utilisent à leur convenance sans état d’âme pour parvenir à leurs fins. En même temps, personne ne l’emporte au paradis comme le rappelle le proverbe. Les dominants n’ont jamais gagné, quand bien même ils croient leur domination renforcée, et peuvent un jour être la victime des dominés, non pas tant assoiffés de vengeance qu’abreuvés par cette haine intériorisée, silencieuse, présente chez de nombreuses personnes que l’on croise tous les jours et qui vous sourient aimablement. Chez Habib Mazini, tout fonctionne entre les lignes… Comme chez Driss Chraïbi !