Le thème proposé pour cet atelier de réflexion concerne un phénomène d’une actualité prenante qui représente un défi majeur pour les gouvernements de la région du Maghreb, comme pour ceux des autres régions du monde. Il s’agit du phénomène que la communauté internationale appelle « Extrémisme violent » dont les premières victimes sont les jeunes.
D’emblée, il convient de réaffirmer que le rapport entre ce phénomène et la jeunesse ne doit être ni essentialisé, ni compris comme exclusif. Il n’est en effet pas question de signifier que la jeunesse serait une source de violence ou de radicalité. Il s’agit, bien au contraire, de faire le constat que les jeunes sont les victimes de l’embrigadement radical, que leur potentiel et leur avenir s’en trouvent sérieusement entravés, et que, par conséquent, les pouvoirs publics nationaux et internationaux ont la responsabilité d’agir et de manière intégrée.
L’actualité est manifestement ponctuée par des vocables relatifs à la « Radicalisation » ou la « Radicalité ». Comprendre et agir nécessitent donc de saisir le sens et les implications de ces concepts. On désigne par là des phénomènes qui s’inscrivent dans des déterminants historiques et sociaux bien connus, et qui ont toujours existé sous différentes formes dans le parcours d’un individu ou d’un groupe social (fascisme, stalinisme, anarchisme, apartheid, etc.). Il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau et surtout il ne s’agit pas d’un phénomène exclusivement religieux.