26 Avr 2017 : Mourabiti : Sans frontières

Mourabiti : Sans frontières
Exposition "Sans frontières", des derniers travaux de l’artiste Mourabiti, à la Voice Gallery, du 26 avril au 3 juin 2017.

 

Vernissage le 25 avril à 19h00

 

Avec SANS FRONTIÈRES Mohamed Mourabiti a choisi de placer le continent au centre du monde.
Forme silhouette sculptée au cœur d’une planète qui pourrait être une terre – alors entourée d’une mer rendue par des pigments bleus naturels – ou une autre terre – des concrétions grises évoquent des cratères – ou la terre-même du continent africain, son sol d’ocres et de bruns.
Dans cette série l’Afrique est le Monde, seul, fort, imposant, massif. Elle est la nature verte. Elle est composite et chamarrée. Elle est colorée du soleil des couleurs des étoffes – velours damassés ou cotons imprimés de motifs floraux, végétaux, géométriques…
Elle s’affirme sans frontières, terre d’avant la colonisation, d’avant les guerres fratricides, comme une Afrique première et originelle.
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Pour Mourabiti, la carte de l’Afrique, c’est une inscription, son planisphère, son Origine du monde. Le cartographe Brian Harley disait que dans les cartes il faut chercher "métaphore et rhétorique". C’est bien ce à quoi s’emploie l’artiste qui montre « l’Afrique comme nous la voyons, protégée par l’eau et l’air, et où il n’y a pas de frontières ni de tracé », et précise : « Jadis, avant la colonisation,  l’Afrique n’avait pas de frontières comme c’est le cas aujourd’hui et les peuples du continent communiquaient entre eux ; les seules frontières qui existaient étaient dans les rituels, les coutumes, les tribus ou les tatouages. »
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Une expérience que Mohamed Mourabiti réalise dans le processus même d’élaboration de ses œuvres. Il découpe la carte de l’Afrique dans des lattes de bois très fin puis l’"englobe" avec du tissu.

Pour lui, "la carte, c’est le plein". Puis il prépare "le vide", l’univers, un cercle également de bois creusé pour que la forme y prenne place "comme dans un puzzle". Il peint, suivant une scénographie et une gestuelle très élaborées, accrochant son tondo à des cordes qui descendent du plafond et le font flotter dans l’espace. Il appose les couleurs à l’acrylique, les pigments fixés avec un liant très fluide. La carte peut apparaitre sur ce fond, se découper, comme gravée, avec toute l’épaisseur du vivant.
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Mohamed Mourabiti opère ainsi une synthèse entre art et cartographie, affirmant son africanité et l’enracinement du Maroc dans ce continent, reprenant au profit de l’art la proposition du géographe Philippe Rekacewicz : "Le créateur de carte emprunte aux maîtres de la peinture leurs moyens d’expression. Il est le filtre à travers lequel passent les données, c’est-à-dire la science avant de devenir une œuvre. La carte, une œuvre ? Sans doute si l’on accepte l’idée qu’elle n’est pas que la "miniature" d’un territoire, image simplifiée de celui-ci, mais aussi l’expression de la sensibilité de son créateur, qui y imprime son interprétation du Monde. "

Pascale Le Thorel