Anbara Salam Khalidi – Son histoire, son parcours et pourquoi Google lui consacre un Doodle

Anbara Salam Khalidi (arabe: عنبرة سلام الخالدي) (1897-1986) était une féministe libanaise, traductrice et auteure, qui a contribué de manière significative à l’émancipation des femmes arabes.

Anbara Salam Khalidi

Khalidi est né dans une éminente famille musulmane du Liban à Beyrouth en 1897. Elle était la fille de Salim Ali Salam, député au parlement ottoman et marchand, et de la soeur de l’ancien Premier ministre libanais Saeb Salam. Deux de ses frères ont servi comme ministres du cabinet au Liban.

Elle a reçu une éducation moderne et a appris le français. Elle et ses frères et sœurs ont fréquenté l’Anglican Syrian College à Ras Beirut, prédécesseur de l’Université américaine de Beyrouth. De 1925 à 1927, elle a étudié au Royaume-Uni.

Dès son adolescence, Anbara s’insurge contre les traditions au sein des familles conservatrices musulmanes dont le fait de porter le nikab et d’être obligée d’accepter l’époux choisi par ses parents. A l’âge de 16 ans, elle écrit ses premiers articles dans le quotidien beyrouthin ‘Al-Moufid’ que dirige Abdel Ghani el-Araissi avec qui elle entretient une intense correspondance, et l’amour va naitre entre eux. A l’âge de 18 ans, défiant les traditions, elle le rencontre grâce à la complicité de son amie Chafika Ghorayeb, ils se fiancent mais hélas peu de temps après, il fera partie d’un lot de Libanais martyrs de la patrie qui furent pendu par le chef militaire turc Jamal Pacha, dit ‘le boucher’. Cet évènement tragique marque sa vie, n’empêche que, six mois plus tard, surmontant sa peine et sa révolte, elle prononce un discours audacieux en public en présence de Jamal Pacha.

En tant qu’activiste, Anbara et ses contemporaines considérèrent assez tôt que la femme devait avoir un rôle égal à l’homme dans le combat nationaliste. Pour y prendre part, elle dévoua sa vie à la promotion des droits des femmes et à leur éducation. Elle sera la première femme musulmane au Levant à avoir retiré son voile en public en 1927 lors d’une conférence qu’elle a donnée à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) intitulée ‘Une Orientale à Londres’.

Elle était la première personne à traduire en arabe l’odyssée de Homer. Elle a également traduit Énéide de Virgile en arabe pour la première fois. Son mémoire a été publié en 1978 sous le titre de Jawalah fil Dhikrayat Baynah Lubnan Wa Filastin (Une tournée des souvenirs du Liban et de la Palestine). Il a été traduit en anglais en 2013 sous le titre de Memoirs of an Early Arab Feminist. (Mémoires d’un premier féministe arabe).